HandicapS en Pays Beaujolais

Une démarche d'Etats Généraux du Handicap en pays Beaujolais. Une démarche citoyenne de réflexion et de proposition visant à "désinsulariser" le handicap.

25 octobre 2009

Accessibilité et accueil dans les commerces et services : vos témoignages

livre_024Amis lecteurs, nous venons vous solliciter pour nous aider à construire une action visant à favoriser et améliorer l'acceptation et l'accueil de toutes les personnes en situation de handicap, quel soit-il !

En effet, pour préparer notre participation à la journée Handibleue – Handiville du 6 juin prochain, nous avons besoin de recueillir des témoignages sur l’accès et l’accueil des personnes en situation de handicap dans les lieux recevant du public de la ville (commerces, services…)

Ces témoignages (anonymés) serviront de base pour élaborer un document visant à sensibiliser et informer un public très large de commerçants et de responsables d’accueil dans des lieux publics, sur les difficultés d’accès et d'accueil que rencontrent les personnes en situation de handicap et sur les bonnes pratiques déjà en place ou à innover pour devenir « handi – accueillant ».

En cliquant sur la touche « commentaires » ci-dessous, vous pourrez écrire votre témoignage et lire les autres contributions. Faites une "vignette" (petit texte décrivant une expérience vécue ou que l'on vous a racontée) courte mais circonstanciée, grinçante ou souriante, humoristique ou grave… le lecteur et, pour les besoins de leur action projetée pour le 6 juin, ceux de l'association HandicapS en Pays Beaujolais ont besoin de comprendre ce qui a été vécu et surtout ressenti, par les personnes en présence !

Nous comptons sur vous avant le 15 mai

PS : les commentaires de ce blog sont modérés, ils ne paraissent donc pas instantanément. Patience, donc…
Pour plus de précisions, contactez l’auteur de ce blog (liens en bas à droite)
En savoir plus : Archives Handi-bleue 2007


VOUS AVEZ DEJA ECRIT...


bureau_057anecdote témoignage

ou comment il faut se motiver ferme pour essayer un pantalon dans certaines cabines lorsqu'on a une hémiparésie... chouette le pantalon! je vais l'essayer zut pas de siège... tenterai je l'équilibre héronesque?? Pas raisonnable, la prise de risque relève de la gageure donques très poliment, requérir un siège mais si l'on a espéré de la discrétion c'est raté car la vendeuse interpelle sa collègue à l'autre bout du magasin informant à haute voix qu'une dame TU SAIS EUH COMMENT ON DIT? TU SAIS ELLE A UN BRAS QUI, UNE JAMBE QUE...INVALIDE? demande un tabouret: et dubitative: on a ça? m'enfin après une longue station debout (j'ai cru prendre racine et ma hanche brûle...)elles arrivent à dénicher un "truc " roulant (génial pour la stabilité!!! ) qui sert à grimper pour quérir les vêtements haut perchés Mais il est sale et il me faut l'épousseter ouf g d kleenex sans quoi j'aurai les fesses zébrées ! et l'attente se reproduit à la caisse où prime le papotage des 2 vendeuses!! autre option dans autre magasin : celle d'un tabouret si étroit et léger qu'en enfilant la jambe raide je bascule vers l'avant ... Certains magasins sont vraiment chronophages, énergievores, générateurs d'émotions, empêcheurs d'autonomie,...Il faut juste avoir ce jour là pas trop de douleurs, pas de RV et considérer que ce jour là on a encore besoin d'une belle leçon de de patience et d'humilité... au moins par la suite, on a des choses à raconter on pourrait même se faire plaindre !

Auteur : Martine


Comment se faire remarquer quand on veut passer inaperçu ? Un après_midi de grande affluence, cause soldes, je fais les magasins avec mon fils, trisomique 21. J'entre dans un magasin de prêt à porter féminin, fais rapidement le choix d'un article et vais faire la queue à la caisse. Et là, surprise! la vendeuse se tourne vers la cliente qui attend son encaissement et lui dit en nous désignant: "je vais m'occuper de cette dame à cause de son fils, vous comprenez, elle n'a pas grand chose, ça ira vite". Mon fils était sagement près de moi, sans se faire remarquer me semblait-il mais raté !!!! L'attention de la vendeuse, sans malice, m'a paru déplacée et le regard des autres, que nous essayons d'ignorer, dirigé vers nous. Pas très confortable !

Sylvie


Nos enfants autistes - notamment lorsqu'ils sont petits- n'ont pas la marque du handicap sur leur visage; on peut donc se promener sans se faire remarquer jusqu'au momment où,si l'enfant a entendu un son très gênant pour lui,ou parce que le trajet qu'il connait a été modifié, ou parce qu'il s'est fait mal et ne sait le dire, ou parce que le bruit est complètement infernal pour lui, alors notre enfant entre en crise qui peut être spectaculaire se roulant par terre ou agressant sa mère! qui signifie tout simplement une rélle soufrance et c'est à ce momment là que les personnes alentours nous lancent un regard de reproche signifiant " pas joli joli le caprice ! quelle mauvaise éducation ! il mériterait une bonne fessée ,...- mais pas le temps d'expliquer, on prend son enfant sous le bras et on fuit...Les enfants autistes peuvent être hyper-sensibles au bruit ( jusqu'à ressentir une douleur rélle), ont besoin de repères dans le temps et dans l'espace : pas toujours évident lorsqu'on veut faire ses courses !

Auteur : regine


bonjour je suis la Maman de jules qui a trois ans et je tenais vous dire comme c'est dur d'entendre les autres et les vendeuses dire que ce petit garçon est capricieux et pourquoi il est encore dans une poussette il ferait mieux d'etre a l'ecole cela lui ferait du bien ei il arretrait de faire "des caprices et de crier " quand sa mere lui dit non ou arrete mais ce qu'elles ne savent pas c'est que jules est autiste et que la patience et le non sont des frustrations pour lui et il le manifeste par des cris et des pleures desolé pour ces vendeuses qui ne supportent pas mais essayer d'etre naturelle devient difficile et j'ai de plus en plus de mal a faire des achats avec jules car j'en ai marre d'entendre il est mignon craquant mais domage qu'il soit capricieux et mal elever ce qui est faux il n'est pas capricieux il est simplement autiste pardon mes dames.J'espere que cela changera bientot

Auteur : geraldine


Témoignage d’Alain NOYER (Aveugle)

Les courses au quotidien
Je vais souvent faire mes courses dans le centre de Villefranche ou à ATAC. Grâce à mon chien, je suis autonome, il suffit que je lui donne un ordre tel que « boucher », « tabac », « boulanger »…pour qu’il me conduise exactement à l’endroit voulu. Dans les magasins,  je suis bien accueilli. La liste des courses que j’ai à faire est inscrite dans ma mémoire et lorsque j’arrive, je l’énumère à une vendeuse qui va chercher les produits dans les rayons, les met dans mon chariot et les pose ensuite sur la caisse pour faire mon compte. Lorsqu’arrive le moment de payer, s’il n’y a pas trop de monde, je constitue moi-même la somme due à l’aide des pièces et des billets que je reconnais au toucher. Par contre, s’il y a du monde, je confie directement mon argent aux commerçants à qui je fais confiance afin que certains clients pressés ne râlent pas parce que je mets trop de temps à payer.

L’achat de vêtements
Pour choisir les vêtements, c’est souvent quelqu’un de ma famille qui m’accompagne pour me conseiller. Si personne n’est disponible, ce sont les vendeuses qui m’aident alors à choisir et me conseillent. Par le toucher, je peux me rendre compte moi-même si la texture, l’épaisseur du tissu correspondent  bien à ce que je désire et à mes besoins selon les saisons.

Le coiffeur
« Coiffeur », un ordre tout simple et, une nouvelle fois, mon fidèle compagnon me conduit chez celui qui va me refaire  un « look » convenable. Une fois arrivés dans le salon, il se couche sagement dans un coin et c’est le coiffeur qui prend le relais pour m’aider à me déplacer dans ce lieu inconnu, du siège d’attente au bac, du bac au fauteuil. Et voilà le tour est joué ! Mes cheveux sont-ils bien à la longueur désirée ? Le coiffeur m’invite à me passer la main dans les cheveux pour vérifier que tout est bien comme je le souhaite, parfois il guide lui-même mon geste pour attirer mon attention sur  un détail qui lui semble important.

Voyager en train
Grâce à la SNCF, je peux voyager loin...et qui plus est, en effectuant des trajets avec correspondance. Pour cela, il suffit que l’on m’accompagne à l’intérieur de la Gare et à partir de là, mon voyage se déroule sans problème grâce à une succession d’actions simples et bien rôdées…
Au guichet, une fois mon billet édité, le guichetier demande à un agent SNCF de m’accompagner sur le quai et de m’aider à monter dans le bon train. Pendant ce temps, il envoie un fax à la gare où se fera le changement de train afin qu’un autre agent m’y attende et m’aide à faire la correspondance.  De là, un nouveau fax est envoyé à la gare située au terme de mon voyage afin qu’un troisième agent me fasse descendre et me conduise à la station de taxi …
Et voilà, je suis arrivé à bon port ! Quoi de plus simple que cette chaîne de solidarité…


L’handi accueillance, un état d’esprit
La démarche handi accueillante d’une ville se traduit souvent par l’installation d’équipements qui permettent aux personnes en situation de handicap physique de se déplacer autant que possible de façon autonome. Mais cela n’est pas toujours possible, et l’on s’aperçoit alors que l’handi accueillance n’est pas seulement une question matérielle dont seraient chargées les seules collectivités locales mais avant tout une volonté, un état d’esprit que doit adopter chacun d’entre nous. En voici un exemple…
Mon mari et moi avons un ami qui habite une toute petite commune du Puy de Dôme. Il souffre d’une maladie neurodégénérative et se déplace en fauteuil roulant. Il sort rarement de chez lui car il a peu de famille. De temps à autre, nous organisons une sortie avec lui car son grand plaisir est de se promener en ville et de manger au restaurant. Il aime particulièrement se promener à Thiers car il y retrouve ses souvenirs de jeunesse. Pour qui connaît Thiers, l’accessibilité aux personnes en fauteuil n’est pas chose facile et ne le sera probablement jamais compte tenu du relief très pentu de cette petite ville et de ses faibles revenus économiques, aussi, s’y promener en fauteuil suppose d’être accompagné par des personnes solides.
Mais qu’à cela ne tienne… nous voilà déambulant dans ces rues typiques si bien décrites par Jean ANGLADE, auteur local renommé. Vers 12h, nous décidons de manger dans un petit restaurant recommandé par le guide du … qui paraît très sympathique d’après la description qui en est faite. Nous grimpons allègrement la côte qui y conduit, chacun poussant, tirant le fauteuil dans une joyeuse ambiance mais stupeur… Arrivés à l’adresse indiquée, nous découvrons qu’il nous faudra encore grimper une dizaine de marches pour accéder à la salle de restaurant et ça, c’est beaucoup plus compliqué…
Beaucoup plus compliqué… mais pas insoluble pour qui est accueillant. Le patron du restaurant nous a aperçus au bas des marches. Il comprend tout de suite le problème, s’assure que nous désirons bien manger chez lui, descend, empoigne le fauteuil d’un côté, mon mari le portant de l’autre et le tour est joué…
Le guide n’a pas menti, voilà un restaurateur bien sympathique…et la réputation de solidarité des Thiernois bien méritée…
  Arlette


Situation vécue par un jeune dyspraxique de 15 ans pour qui, aller faire les courses, c'est à chaque fois un parcours du combattant. La mère se met dans la peau de son fils et raconte:
"Dans quelle poche mettre les pièces, le billet, et où est le magasin déjà? Et il ne faut pas que j'oublie de dire bonjour, de remercier, et de payer, et de dire au revoir? Mais aujourd'hui, cool, c'est juste une acheter une baguette à 0,60 € pièce chez l'épicier turque voisin. Je prends une pièce d'un euro, il me rendra la monnaie. Relax, entre, attends ton tour, et tu peux même regarder les bonbons de toutes les couleurs qui sont dans les bocaux. "Bonjour jeune homme!" Ah, ça y est, c'est mon tour. Grand sourire de l'épicier. "Tu veux quoi? Une baguette, pas de problème". Et il me parle gentiment pendant qu'il me sert. Finalement, il clame: " 0,60€ jeune homme! Ah, tu n'as que 0,10 €, et bien tu me rapporteras 0,50 € la prochaine fois". Tout cela c'est passé si vite, si tranquillement, que les regards curieux qui d'habitude flairent la bizarrerie dès qu'elle entre quelque part n'ont eu le temps de rien capter du tout. Pas de regard transperçant qui me balaye de la tête aux pieds, et comme il ne trouve rien de non conforme, ce regard devient un poignard qui hurle "alors quoi, abruti, tu le fais exprès de bloquer la caisse ou quoi!" Une fois de plus, je me suis planté, mais maman, elle va bien rigoler quand je vais lui raconter. Heureusement, il y a l'épicerie turque, ouf!"

Auteur : Béatrice


C'est quoi être fort?
Je croise souvent des personnes handicapées dans les grands magasins. Dernièrement, je remarquais une jeune fille déambulant à travers les allées d'un magasin Champion dans un fauteuil roulant poussée par un monsieur que je supposais être son père.

Horreur et tristesse, l'handicap qui affecte la jeune fille est de toute évidence bien lourd. Des membres partiellement plâtrés, un corps d'une fragilité extrême, une peau transparente marquée par l'allergie, un visage aux formes disproportionnées duquel émane une expression grave et résolument soumise. Cependant, ce petit être tassé dans son fauteuil a des yeux bien brillants et bien vivants qui ne laissent pas douter un seul instant de la pleine conscience qu'il a de ce qui se passe au moment présent. Je regarde le papa qui, la liste de courses dans une main, évolue adroitement à travers les rayons, concentré à effectuer sa tâche. Mes yeux passent furtivement de la jeune fille dans son fauteuil au papa qui se tient derrière et je ne me sens soudain pas très bien, voyeuse malgré moi. Une boule me monte à la gorge et je me sens impressionnée par ces deux personnes, liées par une histoire qui je pressens comme terrible, mais qui, loin de mes considérations futiles, suivent leur route, sans œillades à droite ou à gauche ni pour moi ni pour les autres, comme si nous n'existions pas.

J'aimerai leur dire à toutes les deux comme je les trouve admirables. Je ne dirai évidemment rien. Je me sens soudain très vulnérable, égarée entre sensibilité, sensiblerie, lâcheté et incapacité. Un bien pauvre bilan somme toute…
  Béatrice -


A l'occasion d'une semaine de vacances, en juillet, dans le Ventoux, avec un groupe de jeunes affectés par des troubles autistiques et / ou psychotiques, je leur avais offert un coup à boire frais et au frais, dans un bistrot. Patrick n'était pas bien, on le voyait à sa difficulté à se retenir de se donner des coups, notamment sur le visage. Il avait l'habitude, depuis tout jeune, de s'attacher avec ces "langes carrées" qu'on mettait sur les fesses des bébés (vous savez, c'était bien avant les couches culottes jetables!). Il ne voulait que ces liens là pour attacher ses genoux entre eux pour ne pas se frapper le nez avec (si, si on peut y arriver sans les liens et avec un peu de souplesse, vous devriez essayer!), ses coudes ensemble dans le dos pour ne pas se donner des "marrons" et une lange autour du cou pour ne pas s'exploser les oreilles avec ses épaules. Quand il avait l'occasion de sortir du foyer et de son groupe de vie, il n'avait pas de famille connue, Patrick acceptait de ne pas mettre ses "liens", ou pas tous! et de ne pas se frapper. Cet après-midi là, il résistait mal à ne pas se frapper. Ses accompagnateurs habituels le connaissaient bien et m'ont expliqué que Patrick ne supportait pas qu'on lui "paye" quoi que ce soit car il avait compris la valeur et l'utilité de l'argent de poche qu'il conservait dans son porte monnaie pour s'offrir et offrir des petits cadeaux. Puisque j'avais déjà payé le bistrottier, j'ai promis à Patrick qu'il pourrait me payer un café dès le lendemain. Ma promesse l'a calmé et il a pu attendre le lendemain matin qu'il puisse m'offrir ce café dans un autre bistrot. Mais quand il a fallu payer, le bistrottier ne pouvait pas comprendre que je me fasse offrir un café par une personne visiblement en difficulté, accompagnée dans tous les gestes et actions de sa vie quotidienne et très souvent "assistée" civilement et financièrement par la "société solidaire". Devant ses remarques un peu vives et à haute et intelligible voix, ( tous les consommateurs matinaux prêtaient l'oreille!), il m'a fallu expliquer la démarche avec Patrick, qui, bien évidemment, n'a pas voulu que je lui paye ma (deuxième) tournée de café. J'espère que le bistrottier et ses clients m'ont crû et que dans l'avenir, ils n'ont pas enregistré tous les événements liés à la question du handicap au premier degré. Avec Patrick, on a pu continuer à s'offrir un café au bistrot d'à côté du Foyer, il a accepté qu'on paye chacun son tour, et il ne fallait pas se tromper sur les tours pour payer, crénom de nom!, il se serait tapé tous les coups (si vous me permettez de plaisanter avec sa menace d'automutilation!). Bien évidemment la bistrottière s'est vite retrouvée complice de notre jeu d'invitations réciproques.
Alain


TEMOIGNAGES DE COMMERCANTS


JE SUIS UNE BOUTIQUE DE PRET A PORTER VETEMENTS FEMININ MASCULIN
RECEMMENT OUVERT(depuis février), ET J'AI EU L'OCCASION D'ACCUELLIR
UNE PERSONNE HANDICAPE MOTEUR. LE CONTACT S'EST ETABLI FACILEMENT,
CE JEUNE HOMME SEMBLAIT BIEN DANS SA PEAU; IL A PU ESSAYER UN PANTALON
ET UNE CHEMISE MALGRE UN BRAS ET UNE MAIN ATTROPHIES AINSI QU'UNE JAMBE
QU'IL AVAIT DU MAL A GERER. IL A MIS LE TEMPS QU'IL A VOULU PUISQU'IL ETAIT
VENU EN MATINEE, LA SEMAINE, DANS UN CRENEAU D'HEURES TRES CALME.
IL M'A SIMPLEMENT DEMANDE DE LUI RATTACHER SES CHAUSSURES, PUIS AU MOMENT
DE REGLER, JE LUI AI REMPLI SON CHEQUE QU'IL A SIGNE. NOUS AVONS ENSUITE
ECHANGE QUELQUES MOTS ET J'AI APPRIS QU'IL CHERCHAIT DU TRAVAIL ET QU'IL
AVAIT DEJA TRAVAILLE DANS UNE AGENCE IMMOBILIERE.
AUCUNE CRAINTE, JUSTE UNE PETITE APPREHENSION AU DEBUT QUI S'EST VITE RESORBEE
CAR LA PERSONNE AVAIT UN BON CONTACT, JE N'AI PAS FAIT DE DIFFERENCE AVEC
QUELQU'UN D'AUTRE, PEUT ETRE JUSTE UN PETIT EFFORT POUR ETRE UN PEU PLUS A
SON ECOUTE LORS DE L'ESSAYAGE: UNE TRES BONNE EXPERIENCE QUI S'EST TRES
BIEN PASSEE


Posté par docemurdocendo à 12:16 - événements associatifs - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Comment se faire remarquer quand on veut passer inaperçu ?

Comment se faire remarquer quand on veut passer inaperçu ?

Un après_midi de grande affluence, cause soldes, je fais les magasins avec mon fils, trisomique 21.
J'entre dans un magasin de prêt à porter féminin, fais rapidement le choix d'un article et vais faire la queue à la caisse.
Et là, surprise! la vendeuse se tourne vers la cliente qui attend son encaissement et lui dit en nous désignant:
"je vais m'occuper de cette dame à cause de son fils, vous comprenez, elle n'a pas grand chose, ça ira vite".
Mon fils était sagement près de moi, sans se faire remarquer me semblait-il mais raté !!!! L'attention de la vendeuse,
sans malice, m'a paru déplacée et le regard des autres, que nous essayons d'ignorer, diriger vers nous.Pas très confortable !
Sylvie

Posté par sylvie, 20 mars 2009 à 22:16

un enfant au visage parfait

Nos enfants autistes - notamment lorsqu'ils sont petits- n'ont pas la marque du handicap sur leur visage; on peut donc se promener sans se faire remarquer jusqu'au momment où,si l'enfant a entendu un son très gênant pour lui,ou parce que le trajet qu'il connait a été modifié, ou parce qu'il s'est fait mal et ne sait le dire, ou parce que le bruit est complètement infernal pour lui, alors notre enfant entre en crise qui peut être spectaculaire se roulant par terre ou agressant sa mère! qui signifie tout simplement une rélle soufrance et c'est à ce momment là que les personnes alentours nous lancent un regard de reproche signifiant " pas joli joli le caprice ! quelle mauvaise éducation ! il mériterait une bonne fessée ,...- mais pas le temps d'expliquer, on prend son enfant sous le bras et on fuit...Les enfants autistes peuvent être hyper-sensibles au bruit ( jusqu'à ressentir une douleur rélle), ont besoin de repères dans le temps et dans l'espace : pas toujours évident lorsqu'on veut faire ses courses !

Posté par regine, 21 mars 2009 à 16:25

L’handi accueillance, un état d’esprit

La démarche handi accueillante d’une ville se traduit souvent par l’installation d’équipements qui permettent aux personnes en situation de handicap physique de se déplacer autant que possible de façon autonome. Mais cela n’est pas toujours possible, et l’on s’aperçoit alors que l’handi accueillance n’est pas seulement une question matérielle dont seraient chargées les seules collectivités locales mais avant tout une volonté, un état d’esprit que doit adopter chacun d’entre nous. En voici un exemple…
Mon mari et moi avons un ami qui habite une toute petite commune du Puy de Dôme. Il souffre d’une maladie neurodégénérative et se déplace en fauteuil roulant. Il sort rarement de chez lui car il a peu de famille. De temps à autre, nous organisons une sortie avec lui car son grand plaisir est de se promener en ville et de manger au restaurant. Il aime particulièrement se promener à Thiers car il y retrouve ses souvenirs de jeunesse. Pour qui connaît Thiers, l’accessibilité aux personnes en fauteuil n’est pas chose facile et ne le sera probablement jamais compte tenu du relief très pentu de cette petite ville et de ses faibles revenus économiques, aussi, s’y promener en fauteuil suppose d’être accompagné par des personnes solides.
Mais qu’à cela ne tienne… nous voilà déambulant dans ces rues typiques si bien décrites par Jean ANGLADE, auteur local renommé. Vers 12h, nous décidons de manger dans un petit restaurant recommandé par le guide du … qui paraît très sympathique d’après la description qui en est faite. Nous grimpons allègrement la côte qui y conduit, chacun poussant, tirant le fauteuil dans une joyeuse ambiance mais stupeur… Arrivés à l’adresse indiquée, nous découvrons qu’il nous faudra encore grimper une dizaine de marches pour accéder à la salle de restaurant et ça, c’est beaucoup plus compliqué…
Beaucoup plus compliqué… mais pas insoluble pour qui est accueillant. Le patron du restaurant nous a aperçus au bas des marches. Il comprend tout de suite le problème, s’assure que nous désirons bien manger chez lui, descend, empoigne le fauteuil d’un côté, mon mari le portant de l’autre et le tour est joué…
Le guide n’a pas menti, voilà un restaurateur bien sympathique…et la réputation de solidarité des Thiernois bien méritée…

Posté par Arlette, 07 avril 2009 à 13:37

Accueil au naturel

Situation vécue par un jeune dyspraxique de 15 ans pour qui, aller faire les courses, c'est à chaque fois un parcours du combattant. La mère se met dans la peau de son fils et raconte:

Dans quelle poche mettre les pièces, le billet, et où est le magasin déjà? Et il ne faut pas que j'oublie de dire bonjour, de remercier, et de payer, et de dire au revoir…
Mais aujourd'hui, cool, c'est juste une acheter une baguette à 0,60 € pièce chez l'épicier Turc voisin. Je prends une pièce d'un euro, il me rendra la monnaie. Relaxe, entre, attend ton tour, et tu peux même regarder les bonbons de toutes les couleurs qui sont dans les bocaux. "Bonjour jeune homme!" Ah, ça y est, c'est mon tour. Grand sourire de l'épicier. "Tu veux quoi? Une baguette, pas de problème". Et il me parle gentiment pendant qu'il me sert. Finalement, il clame: " 0,60€ jeune homme! Ah, tu n'as que 0,10 €, et bien tu me rapporteras 0,50 € la prochaine fois". Tout cela c'est passé si vite, si tranquillement, que les regards curieux qui d'habitude flaire la bizarrerie dès qu'elle entre quelque part n'ont pas eu le temps de rien capter du tout. Pas de regard transperçant qui me balaye de la tête aux pieds, et comme il ne trouve rien de non conforme, ce regard devient un poignard qui hurle "alors quoi, abrutis, tu le fait exprès de bloquer la caisse ou quoi!" Une fois de plus, je me suis planté, mais maman, elle va bien rigoler quand je vais lui raconter.

Heureusement, il y a l'épicerie Turc, ouf!

Posté par Béatrice, 07 avril 2009 à 14:38

C'est quoi être fort?

Je croise souvent des personnes handicapées dans les grands magasins. Dernièrement, je remarquais une jeune fille déambulant à travers les allées d'un magasin Champion dans un fauteuil roulant poussée par un monsieur que je supposais être son père.

Horreur et tristesse, l'handicap qui affecte la jeune fille est de toute évidence bien lourd. Des membres partiellement plâtrés, un corps d'une fragilité extrême, une peau transparente marquée par l'allergie, un visage aux formes disproportionnées duquel émane une expression grave et résolument soumise. Cependant, ce petit être tassé dans son fauteuil a des yeux bien brillants et bien vivants qui ne laissent pas douter un seul instant de la pleine conscience qu'il a de ce qui se passe au moment présent. Je regarde le papa qui, la liste de courses dans une main, évolue adroitement à travers les rayons, concentré à effectuer sa tâche. Mes yeux passent furtivement de la jeune fille dans son fauteuil au papa qui se tient derrière et je ne me sens soudain pas très bien, voyeuse malgré moi. Une boule me monte à la gorge et je me sens impressionnée par ces deux personnes, liées par une histoire qui je pressens comme terrible, mais qui, loin de mes considérations futiles, suivent leur route, sans œillades à droite ou à gauche ni pour moi ni pour les autres, comme si nous n'existions pas.

J'aimerai leur dire à toutes les deux comme je les trouve admirables. Je ne dirai évidemment rien. Je me sens soudain très vulnérable, égarée entre sensibilité, sensiblerie, lâcheté et incapacité. Un bien pauvre bilan somme toute…

Posté par Béatrice, 15 avril 2009 à 11:09

A l'occasion d'une semaine de vacances, en juillet, dans le Ventoux, avec un groupe de jeunes affectés par des troubles autistiques et / ou psychotiques, je leur avais offert un coup à boire frais et au frais, dans un bistrot. Patrick n'était pas bien, on le voyait à sa difficulté à se retenir de se donner des coups, notamment sur le visage. Il avait l'habitude, depuis tout jeune, de s'attacher avec ces "langes carrées" qu'on mettait sur les fesses des bébés (vous savez, c'était bien avant les couches culottes jetables!). Il ne voulait que ces liens là pour attacher ses genoux entre eux pour ne pas se frâpper le nez avec (si, si on peut y arriver sans les liens et avec un peu de souplesse, vous devriez essayer!), ses coudes ensemble dans le dos pour ne pas se donner des "marrons" et une lange autour du coup pour ne pas s'exploser les oreilles avec ses épaules.
Quand il avait l'occasion de sortir du foyer et de son groupe de vie, il n'avait pas de famille connue, Patrick acceptait de ne pas mettre ses "liens", ou pas tous! et de ne pas se frapper.
Cet après-midi là, il résistait mal à ne pas se frapper. Ses accompagnateurs habituels le connaissaient bien et m'ont expliqué que Patrick ne supportait pas qu'on lui "paye" quoi que ce soit car il avait compris la valeur et l'utilité de l'argent de poche qu'il conservait dans son porte monnaie pour s'offrir et offrir des petits cadeaux. Puisque j'avais déjà payé le bistrotier, j'ai promis à Patrick qu'il pourrait me payer un café dès le lendemain. Ma promesse l'a calmé et il a pu attendre le lendemain matin qu'il puisse m'offrir ce café dans un autre bistrot. Mais quand il a fallu payer, le bistrotier ne pouvait pas comprendre que je me fasse offrir un café par une personne visiblement en difficulté, accompagnée dans tous les gestes et actions de sa vie quotidienne et très souvent "assitée" civilement et financièrement par la "société solidaire". Devant ses remarques un peu vives et à haute et intelligible voix, ( tous les consommateurs matinaux prêtaitent l'oreille!), il m'a fallu expliquer la démarche avec Patrick, qui, bien évidemment, n'a pas voulu que je lui paye ma (deuxième) tournée de café. J'espère que le bistrottier et ses clients m'ont crû et que dans l'avenir, ils n'ont pas enregistré tous les évennements liés à la question du handicap au premier degré. Avec Patrick, on a pu continuer à s'offrir un café au bistrot d'à côté du Foyer, il a accepté qu'on paye chacun son tour, et il ne fallait pas se tromper sur les tours pour payer, crénom de nom!, il se serrait tappé tous les coups (si vous me permettez de plaisanter avec sa menace d'automutilation!). Bien évidemment la bistrottière s'est vite retrouvée complice de notre jeu d'invitations réciproques.
Alain

Posté par Alain DUCHAMP, 04 mai 2009 à 10:21

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